Phnom Penh et le centre S21

Nous passerons 3 nuits dans la capitale.
Cette ville n’est pas faite pour les piétons…il y a peu ou pas de trottoirs ou ceux-ci sont encombrés de motos en stationnement, de marchands ambulants ou non, de détritus.
On se déplacera donc en Tuc Tuc, ce qui est plus ou moins avantageux car il faut négocier, notre pâleur et blondeur fait rêver les chauffeurs et l’on nous propose le double de ce que cela coûte.

Cette ville est en chantier, cela se construit , se rénove à chaque coin de rue, l’envie de renouveau est présente.
On ne sait comment font les agents de l’électricité du Cambodge pour s’y retrouver parmi la multitude de fils et câbles s’enchevêtrant à chaque carrefour.


Nous limitons notre programme dans cette ville car nous devons faire un peu d’école avant de partir deux jours à la découverte des éléphants plus au Nord.
Alors pas de pagode , de palais royal ou de temples… mais des lieux beaucoup moins drôles.
Notre première journée nous amène au centre S21.

 

 

 

 

 

 

Ce bâtiment d’aspect extérieur plutôt neutre, cette cour ombragée par des manguiers, frangipaniers renvoie un ensemble plutôt serein et pourtant ce lieu a vu le pire cauchemar du pays, une des pires pages de notre humanité.
Dans cet ancien lycée « Tuol Svay Prey », suite à la prise du pouvoir par les Khermers rouge, est devenu un centre de détention et de tortures, les pires atrocités ont été commises ici pendant presque 4 ans.

Il faut savoir que les Khermers rouges ont d’abord été accueillis avec le sourire comme des sauveurs du pouvoir( communiste) en place car ce pays , si petit soit-il subissait les bombardements américains, Il y eut plus de bombes lâchées au-dessus de celui-ci que pendant la seconde guerre mondiale.

Duch, ancien professeur de maths , devient le directeur de cet horrible endroit.
Après avoir fait fuir les habitants de Phnom Penh vers les campagnes, il va recruter de jeunes gens souvent perdus pour en faire des tortionnaires.

Des enfants de 8 ans sont entraînés à torturer des animaux puis des êtres humains.

La torture a pour but de faire avouer certaines résistances au régime en place…dans tous les cas, ceux –ci mourraient, femmes, enfants et hommes, tout le monde y passait.
Il y avait près de 100 victimes par jour.
Il s’agissait essentiellement de personnes instruites.

Quand les Vietnamiens arrivèrent en 1979, il n’ y avait que 7 survivants qui devaient leur survie à leur talent de peintre ou de photographe.
Alors que l’armée vietnamienne approchaient de la ville, 14 personnes étaient en train d’être torturées, ces personnes ont été retrouvées dans les salles du rez de chaussée. On pouvait voir les photos de ces corps attachés à leur lit.

Ils furent inhumés ici.

Les enfants ne prennent pas tout de suite conscience de ce qu’il voit puis avec les commentaires de l’audioguide, ils se rendent compte de l’horreur de la situation.

Chaque prisonnier était pris en photo à leur arrivée au centre, on peut voir des enfants très jeunes, il y eut plusieurs étrangers qui succombèrent en ces lieux. Notamment un Néo Zélandais qui avait eu le tort d’accoster son voilier dans les eaux cambodgiennes alors qu’il effectuait son rêve : faire le tour du monde.
Un bâtiment est entièrement recouvert de barbelés afin d’éviter aux prisonniers de se suicider. Les salles de classe  sont découpées en cellules exiguës où l’on peut s’imaginer la souffrance des détenus.

Les conditions de détention sont terribles, les hommes sont enchaînés les uns aux autres ,immobilisés au sol.
On peut voir certaines machines de tortures, ainsi que des tableaux reproduisant les scènes de tortures peintes par un artiste qui s’est entretenu avec les bourreaux. Vann Nath est décédé en septembre 2011.

Je vous avoue que je suis sortie, les visions dans cette salle m’étaient insupportables.

Une stèle est érigée dans une des cours entourée de plaques commémoratives où sont gravés le nom des trop nombreuses victimes, elle a été offerte par le gouvernement allemand, qui lui aussi a terriblement souffert de son passé de barbarie.

Nous quittons cet endroit pas tout fait pareils que quand nous sommes entrés, nous parlons , répondons aux questions des enfants une bonne partie du repas.
A plusieurs reprises, nos trois loulous avaient voulu quitter le centre, non pas parce que c’était « nul » comme ils nous disent toujours mais parce que c’est « horrible ».

Nous n’irons pas voir le camp d’exécution de Choeung Ek où furent transportés les détenus du centre S21, c’est endroit où l’on peut voir les lambeaux de vêtements et des os sortants du sol.

Comme le dit le Lonely planet, la banalité du lieu rend encore cela plus épouvantable, cet épisode terrible de l’histoire du Cambodge est maintenant enseigné à tous les lycéens afin que personne n’oublie.

Il est bien évidemment interdit de photographier à l’intérieur et même de rire….je me suis permise de prendre quelques photos extérieures pour illustrées cet article et montrer les contrastes de cet endroit.

Une réponse sur “Phnom Penh et le centre S21”

  1. Effectivement ,ce sont des horreurs toutes ces vérités merci beaucoup de nous les faire connaitre et partager ,je pense bien que les enfants ont nommés ces évennements d’Horreurs .
    merci mt

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